Hier, la montre me sermonnait au réveil : nuit de 4 h 21, HRV en berne, cœur de repos remonté à 62. Ce matin, exactement l’inverse. HRV nuit à 72 ms (au-dessus de ma plage normale), fréquence de repos revenue à 52, son plancher habituel. En une seule nuit, tout est rentré dans l’ordre. La dette de sommeil de la veille était bien ce que je pensais : ponctuelle, remboursée d’un coup. Et pour ne rien gâcher, un vrai matin frais — autour de 17 °C au départ, une rareté ces temps-ci.
Au bout du chemin, le Mont Bouquet posé sur la ligne rose de l’horizon (la photo en tête d’article). C’est le genre de matin qui donne envie de courir sans regarder la montre.
La séance
Au programme du bloc S4, séance 2 : du facile avec six accélérations glissées au milieu. Sur le papier 4 km + strides + 2 km ; dans les faits j’ai allongé le facile, 10 km en 1 h 03. Rien de méchant : la sortie est restée 100 % aérobie — près des trois quarts du temps en zone 2 (74 %), le reste en zone 1, pas une seconde en zone 3. FC moyenne 135, et le plafond de la zone 2 (149) n’a été effleuré qu’une fois, tout à la fin.

Un détail qui ne se voit sur aucune courbe : ce matin j’ai dérangé un sanglier, qui a détalé à quelques mètres de moi. Sur le coup, la petite décharge d’adrénaline était bien réelle — mais la trace cardiaque, elle, n’en garde aucune (de trace…), pas la moindre pointe. Preuve, s’il en fallait, que la montre ne raconte jamais toute la sortie.
Les six accélérations se lisent d’un coup d’œil sur la courbe d’allure : six pointes vers 5'00–5'15/km, cadence montée à 195–200 pas/min sur les 20 secondes. Le détail qui compte : la fréquence cardiaque n’a jamais suivi (145 au maximum, elle redescend même entre les répétitions). Vingt secondes, c’est trop court pour charger le cardio — et c’est exactement le but. Ce ne sont pas des efforts de VO2 mais des strides neuromusculaires : on réveille le recrutement, la fréquence de jambes, le relâchement, sans toucher à la filière aérobie. On sort plus vif, pas plus fatigué.
Ce que ça dit vraiment
La vraie leçon n’est pas dans la séance, elle est dans la comparaison avec hier. Deux footings faciles à un jour d’écart :
| 07/07 (nuit courte) | 08/07 (récup restaurée) | |
|---|---|---|
| FC moyenne | 140 | 136 |
| Allure (GAP) | 6'02 → 6'18 | 5'56 |
| HRV / FC repos | 36 ms / 62 | 72 ms / 52 |
À allure égale, voire un poil plus vive, quatre battements de moins. Tentant d’y voir un progrès de forme. Ce n’en est pas un : le gain vient presque entièrement de la récupération retrouvée et de la fraîcheur du matin, pas d’un moteur qui aurait grandi en vingt-quatre heures. C’est le rappel que je me répète tout l’été : le vrai progrès aérobie ne se juge qu’au frais et reposé. Une belle sortie par 17 °C avec une HRV pleine ne prouve pas grand-chose sur le fond — elle prouve surtout que le corps va bien aujourd’hui. Ce qui, après la nuit d’hier, est déjà une bonne nouvelle.
Une nuit a suffi. Je prends.
