Footing inaugural du bloc marathon ce matin : « 7 km facile ». Sur le papier la séance la plus banale qui soit. Dans les chiffres, elle dit déjà beaucoup.

La séance en bref

7,87 km en 52:19, allure moyenne 6:39/km, FC moyenne 136 / pic 155, cadence moyenne 180 spm, 495 kcal, charge d’entraînement (Training Load) 78, performance jugée « Normal » par Coros.

Lecture en zones Coros : FC moyenne 136 = plein milieu de Z2 (131-148), pic à 155 sur une bosse effleurant Z3. Plafond facile (~148) respecté, séance 100 % aérobie. Exécution propre de ma doctrine du moment : le facile se pilote à la fréquence cardiaque.

Premier enseignement : le seuil est bien sous-estimé

J’ai tenu 6:39/km à seulement 136 bpm. C’est toute l’histoire en une phrase. Regardons la même course sous deux échelles différentes :

Répartition du temps par zone — FC à gauche, allure à droite, footing du 16/06/2026 Le même footing, deux lectures : à gauche par la fréquence cardiaque, à droite par l’allure.

Les deux distributions ne se superposent pas, et c’est l’information clé. Par la FC, c’est un footing quasi monobloc (81 % en Z2, zéro Z4+). Par l’allure, la même course bascule à droite : 72 % du temps à une allure étiquetée Z3 ou plus dur, alors que mon cœur n’a jamais quitté le facile.

Cet écart est la signature chiffrée du seuil sous-estimé : les bornes d’allure sont calées sur un seuil (5'37/km) trop lent, donc dès que je trotte tranquille le système croit que je pousse. Tant que ce décalage existe, piloter à l’allure me ferait lever le pied sans raison. D’où la règle « footing à la FC » jusqu’au test du 30/06, qui réalignera les deux échelles.

Deuxième enseignement : la dérive cardiaque

Le vrai chantier est ailleurs. Seconde par seconde, la FC grimpe lentement tout au long de la sortie (la droite rouge est la pente de dérive) :

Évolution de la FC seconde par seconde, footing du 16/06/2026, avec bandes de zones et droite de dérive FC à 1 Hz (ceinture thoracique), bandes de zones en fond, pente de dérive en pointillés rouges.

Découpée en quarts, la même tendance se lit en chiffres — la FC monte pendant que l’allure ralentit :

QuartFC moyAllure
Q1 (0-13′)1306:08/km
Q2 (13-26′)1336:44/km
Q3 (26-41′)1416:33/km
Q4 (41-54′)1407:07/km

Le découplage allure/FC ressort à +9,7 %, soit une pente d’environ +9 bpm sur le corps de séance.

Le concept, simplement. Sur un effort facile bien encaissé, le rapport allure/FC reste stable (découplage < 5 %). Au-delà de ~5 %, le cœur travaille de plus en plus pour produire de moins en moins : c’est le signe d’une base aérobie encore mince. Cohérent avec mon statut « Resuming » (je rebâtis depuis une base basse).

À relativiser : sur 52 min avec une allure GPS imparfaite, +9,7 % reste indicatif. Mais c’est un excellent thermomètre de la reconstruction aérobie. Je le re-mesurerai sur mes sorties ≥ 45 min ; il doit se rapprocher des 5 % au fil de l’été. Co-facteurs probables ce jour-là : HRV au réveil un peu basse, fin de footing un peu sèche, et tout simplement la première vraie sortie du bloc.

Le point de vigilance

Côté cadence, 180 spm : au-dessus de ma cible et bien au-dessus de mon plancher de 170 — foulée courte et vive, protectrice pour le mollet gauche. Rien à signaler.

Le seul voyant orange est la HRV : 40 ms ce matin (« Below normal », baseline 54), en repli depuis quelques jours. Signal isolé pour l’instant, mais à surveiller : si elle reste basse, je ne charge pas l’intensité.

Conclusion — exécution irréprochable sur le contrôle de l’effort (montée nette, plateau stable, zéro Z4+). Un seul chantier visible, la dérive cardiaque, parfaitement normale pour un lancement, et que je vais suivre comme indicateur de progrès de fond.