Réveil avant le jour pour partir courir avant la chaleur. La montre me rappelle poliment ce que je savais déjà en ouvrant l’œil : 4 h 21 de sommeil, HRV en berne, fréquence cardiaque de repos remontée à 59-62 au lieu de mes 52-54 habituels. Merci Coros, l’info est passée. Inutile d’accuser le réveil trop matinal : le vrai coupable joue en ce moment de l’autre côté de l’Atlantique et porte des crampons. Difficile de couper la Coupe du monde quand les matchs se terminent à l’heure où les gens raisonnables dorment. Bref, tous les voyants « récup » clignotaient orange. En théorie, la séance idéale pour se traîner.

Sauf que les jambes n’avaient pas lu le rapport — ni regardé le match, visiblement.

Ciel rouge à 5 h 28, une voiture s’éloigne, le Ventoux au fond

Départ à 5 h 29 sous un ciel qui virait du rouge à l’orange, le Ventoux planté au bout des vignes. Au programme, la première séance de mon bloc S4 : un simple 5 km facile, et surtout ma première séance basculée en pilotage cardiaque plutôt qu’à l’allure. Consigne unique : rester sous 150, milieu de la zone 2.

Et ça a roulé tout seul. 6,42 km en 40 minutes, cœur à 140 de moyenne, jamais au-dessus de 146. Les splits s’allongent un peu sur la fin (5'48 puis 6'24) — normal quand on tient le cœur constant et qu’on le laisse commander l’allure. La courbe est plate, sans dérive : le corps a juste réclamé une quinzaine de secondes au kilomètre de plus en seconde moitié pour le même effort cardiaque.

Fréquence cardiaque de la séance, calée au milieu de la zone 2

Ce qui me plaît ici, ce n’est pas le chrono — il n’y en a pas à défendre sur un footing facile. C’est l’écart entre ce que la montre annonçait au réveil et ce que le corps a donné. Une nuit courte pèse sur la récupération, pas forcément sur une sortie tranquille bien menée. La FC est restée sage, l’exécution propre. La vraie info du jour n’est pas dans la séance, elle est dans le lit. Que le sommeil soit un pilier de la prépa, je le sais parfaitement — mais tant qu’il reste des matchs au programme, disons que la gestion du coucher est reportée. Aux prolongations, voire à la finale.

Pour l’instant, je prends. Petite nuit, bonnes jambes.