Le test plasma
Quand on s’arrête neuf jours, ce n’est pas le moteur qui rouille en premier, c’est le sang. Le volume de plasma, la partie liquide, baisse en quelques jours ; le cœur doit alors battre plus vite pour pousser la même quantité d’oxygène. À l’arrivée, c’est le signal que j’avais vu sur les trois premières sorties de reprise : la même allure coûtait plus de pulsations qu’avant, et surtout la FC continuait de grimper alors que l’allure ne bougeait pas. Ce découplage était descendu de sortie en sortie, sans revenir tout à fait à la normale dimanche.
D’où la séance de ce matin, volontairement banale : cinq minutes d’échauffement, six kilomètres à mon allure de croisière naturelle avec interdiction de dépasser 140 battements, cinq minutes de retour au calme. Pas de côte, pas de kilomètre plaisir, pas d’objectif d’allure. Une seule consigne : poser l’allure au premier kilomètre et ne plus y toucher. Si le cœur reste bas et stable, le plasma est revenu.
Dans le noir
Départ à 5 h 58, il fait 16 degrés et nuit noire. Six kilomètres de chemin plat à la frontale, avec le jour qui se lève sur la fin, juste à temps pour la photo.

6 h 33, l’horizon s’allume. Photo floue, coureur qui ne s’arrête pas.
| Prévu | Réalisé | |
|---|---|---|
| Distance | 7 km | 7,46 km |
| Durée | ~1 h | 48 min 52 |
| Allure du bloc | libre, ~6'30-6'45 | 6'28/km (GAP) |
| FC moyenne / max du bloc | plafond 140 | 130 / 139 |
| Critère feu vert | ≤ 138 à 6'30-6'45 | tenu |
Le plafond de 140 n’a été frôlé qu’une fois, une seconde, au milieu de la séance. Le reste du temps le cœur s’est installé autour de 130 et n’en a plus bougé.

Six kilomètres à plat, un cœur qui ne dérive plus : +0,15 battement par minute sur la fin de bloc, là où je m’étais fixé 0,4 comme limite.
Ce que dit la courbe
Dimanche, sur les kilomètres 8 et 9 de la sortie longue, j’étais à 136-140 pulsations pour environ 6'55/km. Ce matin, même cœur, 25 secondes au kilomètre plus vite. Et sur les trois derniers kilomètres du bloc, la dérive est quasi nulle : le découplage tombe à 2 %, et encore, une bonne partie vient du premier kilomètre couru avant que le cœur ait fini de monter. En clair : le plasma est revenu, l’infection n’a rien laissé derrière elle.
Je me garde de sur-lire. Les conditions étaient faciles, frais, plat, tôt, et la charge des dernières semaines est basse, ce qui donne des jambes fraîches un peu artificiellement. Mais la question posée était simple et la réponse est nette. Feu vert.
La suite
Demain mercredi, première vraie séance de qualité depuis l’arrêt : quatre fois trois minutes autour de l’allure marathon, avec de la récupération entre. Jeudi repos. Et vendredi les douze kilomètres dont sept à allure marathon, le vrai juge de paix pour savoir quelle allure viser le 27.
