Ce matin, pas un footing : un test de forme guidé. Je l’ai avancé exprès. Depuis quelques séances, mes zones cardiaques ne collaient plus — la FC et l’allure racontaient deux histoires décalées d’une bonne zone et demie, et à six semaines d’Avignon, tout mon pilotage (footing capé, sortie longue, garde-fou du marathon) repose sur ces zones. Continuer à m’entraîner sur une base peut-être fausse, c’était calibrer chaque semaine de travers. Le « juge de paix » prévu pour début septembre, je l’ai donc passé maintenant.

Le protocole tient en trois temps : cinq minutes d’échauffement, un bloc de 25 minutes au seuil, puis trois paliers de trois minutes de plus en plus rapides pour aller chercher la fréquence maximale. Le tout à plat, avec la ceinture Garmin au torse comme référence — pas le capteur optique du poignet, en qui je n’ai plus confiance depuis qu’il m’invente des sommets.

Test mercredi 12 août 2026 · 7h25 · 23 °C · Coros Pace 3
7,10km
5:50min/km
41:30durée
149FC moy
0D+ m
106charge
Survole la carte ou glisse sur les courbes
allure
fréquence cardiaque

temps en zones FC · Coros

Récup 21 % · Aérobic End. 52 % · Aérobic Puiss. 5 % · Seuil 14 % · End. anaér. 4 % · Anaérobie 5 %

Détail des 6 kilomètres
kmtempsallureFCD+
1 (0,78 km)5:006:241150 m
225:005:561450 m
3 (0,57 km)3:005:161640 m
4 (0,60 km)3:005:021720 m
5 (0,68 km)3:004:261810 m
6 (0,26 km)2:309:301630 m

Tout se lit sur la courbe de FC, et c’est ce qui rend ce test précieux.

Le point d’inflexion du seuil. Regardez les trois dernières marches. Au palier à 5:16/km, le cœur plafonne autour de 164. Au suivant, à 5:02/km, il monte à 172 puis s’y installe sans lutter — même en léger recul par moments. Puis au dernier palier, quand j’ouvre les gaz à 4:26/km, il décolle d’un coup vers 188 sans jamais se stabiliser. Ce passage de « plateau tenu » à « emballement » est exactement ce qu’on cherche : c’est le seuil. Avant même de regarder ce qu’affichait la montre, je l’avais estimé à la main autour de 174. Coros a calculé 173. Sur un marqueur aussi bruité que la FC, tomber à un battement près, ça veut dire que le point est solide — et confirmé par deux méthodes indépendantes.

La FCmax, et la décision de la descendre. Là, Coros a déraillé. Après le test, il a affiché une FCmax de 197. Sauf que la ceinture — ma référence — n’a jamais dépassé 188 de tout l’effort, et ce pic, je l’ai tenu six secondes en vidant le réservoir en fin de dernier palier. 197, c’est une vieille valeur héritée du capteur optique, jamais mesurée. J’ai donc recalé Coros à la main sur 190 (188 vus, plus une petite marge honnête). Le contrôle de cohérence tombe juste : 173 sur 190, ça fait 91 % de la FCmax, pile dans la fourchette d’un coureur entraîné.

Le couplage que je soupçonnais. En changeant la FCmax dans l’app, un truc s’est passé : le LTHR est passé tout seul de 173 à 171, et toutes les zones FC ont glissé de deux battements. Preuve nette que Coros ne mesure pas vraiment le LTHR de façon indépendante — il le tire en partie de la FCmax. Le 173 qu’il affichait d’abord était donc lui-même un peu gonflé par la FCmax fantôme à 197. J’aurais pu ré-augmenter artificiellement la FCmax pour récupérer mon 173 estimé, mais ça aurait été jouer contre la montre : elle m’impose 171 en direct pendant que je cours. Une seule source de vérité vaut mieux que deux bases qui se chamaillent pour deux battements perdus dans le bruit. Base retenue : LTHR 171, FCmax 190.

Les zones se recollent. Avec cette base et un seuil réactualisé à 5:13/km, le décalage FC/allure qui me chiffonnait depuis le 11 août a fondu là où ça compte. Vérifié palier par palier sur ce test : trois des quatre paliers tombent dans la même zone qu’on la lise par la FC ou par l’allure, le quatrième à une demi-zone près. En footing lent, un léger décalage subsiste — mais c’est normal et plutôt bon signe : loin du seuil, un moteur aérobie efficient garde le cœur bas pour l’allure, et les deux échelles n’ont aucune raison de coïncider ailleurs qu’autour du seuil, leur unique point d’ancrage commun.

Et le niveau, au passage, a monté. Rien de spectaculaire, mais du concret et surtout du mesuré : mon allure seuil passe de 5:15 à 5:13/km, et la prédiction marathon de Coros de 4:13:46 à 4:12:07 — une minute et demie grattée. Le VO2max estimé (42) et le niveau de course (73) n’ont pas bougé. L’important n’est pas le gain, minime, c’est que ce 5:13 est désormais posé sur un vrai test plutôt que déduit passivement d’une sortie ordinaire. C’est une ancre, pas une extrapolation.

Concrètement, ça ne change pas ma méthode, ça la confirme : footing et sortie longue pilotés au cap cardiaque (la FC juge l’effort facile et la dérive), séances de qualité à l’allure 5:13 (l’allure est l’ancre nette au seuil). Le test ne m’a pas dit de courir autrement — il m’a dit que je regardais les bons chiffres.

Comme d’habitude, la trace est tronquée de quelques centaines de mètres au départ et à l’arrivée. Les statistiques, elles, portent sur la totalité du test.