Ce matin, c’était l’examen. Pas le marathon, non — mais la séance qui devait répondre à une seule question : est-ce que je peux encore me présenter à Avignon avec le plan A, celui d’avant le coup de mou — un virus ou un microbe de passage, rien de grave, mais neuf jours sans courir ? Douze kilomètres, dont sept d’affilée à 6'00 au kilomètre, ceinture cardio sur la poitrine et un garde-fou à 157 bpm que la montre avait ordre de faire sonner.
Elle n’a pas sonné une seule fois pendant les sept kilomètres. Verdict : vert.
temps en zones FC · Coros
Récup 12 % · Aérobic End. 52 % · Aérobic Puiss. 34 %
Détail des 4 phases de la séance
| km | temps | allure | FC | D+ |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 16:21 | 6:32 | 129 | 4 m |
| 2 | 41:38 | 5:57 | 146 | 13 m |
| 3 | 13:57 | 5:35 | 154 | 0 m |
| 4 (0,49 km) | 2:50 | 5:43 | 155 | 0 m |
Le petit théâtre du départ
Avant même le premier pas, deux faux départs. Le premier : demi-tour, j’avais oublié de poser mes lunettes. Le second : la ceinture cardio qui m’annonce déjà 145 bpm alors que je ne suis même pas chaud. Électrodes pas assez humides — on remouille, on repart, et le cœur redescend à une valeur d’être humain au repos. Pile neuve, testée le matin même, tout allait bien : c’était juste moi. À 6 h 26, enfin, la montre bipe pour de bon et on y va, dans le noir, lampe frontale allumée.
Trois morceaux, trois humeurs
Deux kilomètres et demi pour se réveiller. 6'32 au kilomètre, le cœur qui se cale à 129. Rien à signaler, c’est le programme.
Puis les sept kilomètres qui comptaient. Consigne : 6'00, ni plus ni moins. Réalisé : 5'58 de moyenne, avec un cœur à 146 en moyenne — et surtout un cœur qui ne grimpe pas. Sur les kilomètres 4 à 7, il est même très légèrement descendu pendant que l’allure restait la même. C’est exactement ce que je voulais voir : un moteur qui tourne rond, sans chauffer.
Petite confession quand même : les deux premiers kilomètres du bloc, je les ai courus à 5'55. Trop vite. C’est le réflexe des jambes fraîches, et c’est très précisément le piège des cinq premiers kilomètres d’Avignon. Noté.
Et pour finir, le bonus. Sur les deux kilomètres et demi restants, j’avais le droit de monter à 5'50. J’ai poussé à 5'35 — pas pour me cramer, pour me tester sans trop de fatigue et voir si le moteur était en forme. Le cœur est monté gentiment de 152 à 157, et la montre a fini par sonner sur les tout derniers hectomètres. Ça, ce n’est pas mon allure marathon, c’est l’allure d’un semi. Ça ne dit rien sur le 27 — mais ça dit que le moteur est là, et pour le moral, c’est un superbe bonus. Et non, je ne m’enflammerai pas le jour J.
| Phase | Allure | FC moyenne |
|---|---|---|
| Échauffement (2,5 km) | 6'32 | 129 |
| Bloc à allure marathon (7 km) | 5'58 | 146 |
| Le test en plus (2,5 km) | 5'35 | 154 |
Le creux du kilomètre 8
Sur la courbe, on voit un trou vers la 46e minute : l’allure qui décroche à 6'40, le cœur qui redescend à 139. C’est la sortie du tunnel de la voie verte, où le GPS lâche quelques secondes… et c’est aussi 7 h 12, l’heure exacte de la photo en tête d’article. Un ciel pareil, ça vaut bien dix secondes de moins sur un kilomètre.

Douze minutes plus tard, au moment de lancer le dernier morceau, le ciel en remettait une couche au-dessus du verger. Deuxième arrêt photo, assumé.

Et donc, pour le 27
Le plan A est confirmé, dans une version tempérée : partir à 6'00-6'05 sur les dix premiers kilomètres, sans jamais laisser le cœur dépasser 150. Ensuite 5'55-6'00 jusqu’au trentième. Et après le trentième, on verra ce qu’il reste dans les jambes — c’est là que le marathon commence, paraît-il.
Ce matin, à l’arrivée, la montre m’a demandé mon ressenti. J’ai répondu « léger ». Comme mercredi. Je commence à y prendre goût.
Demain, repos complet. Dimanche, répétition générale : une heure trente-cinq en tenue du jour J, gilet, flasques, tout le bazar. Neuf jours.
Comme toujours, la trace est tronquée de quelques centaines de mètres au départ et à l’arrivée ; les statistiques, elles, portent sur la totalité de la sortie.
