Vingt-et-un kilomètres et des poussières, 2 h 29, partis à 6 h. La plus longue du bloc jusqu’ici, courue non pas à l’allure mais au cap cardiaque : rester dans le bas du spectre, laisser le volume s’accumuler sans jamais forcer. Nuit courte derrière moi — cinq heures à peine — alors j’ai joué la sortie en deux temps : une première heure vraiment tranquille, puis, au demi-tour, une remontée vers la cible 148-150.

Ciel rose à l’aube au départ de la sortie, le mont Ventoux se découpe à l’horizon au-dessus des collines encore sombres.

Partir à cette heure-là, c’est aussi ça : le Ventoux qui sort de la nuit dans un ciel rose, avant que la chaleur ne s’installe. Elle s’installera quand même — mais plus tard.

Sortie longue dimanche 9 août 2026 · 6h · 24 °C · Coros Pace 3
21,77km
6:51min/km
2:28:59durée
140FC moy
54D+ m
222charge
Survole la carte ou glisse sur les courbes
allure
fréquence cardiaque

temps en zones FC · Coros

Récup 41 % · Aérobic End. 57 %

Détail des 3 kilomètres
kmtempsallureFCD+
1 (0,73 km)5:006:491130 m
2143:366:5014154 m
3 (0,04 km)0:231480 m

Deux choses se lisent mieux ici que dans mes jambes ce matin.

D’abord, la marche en deux temps. Regardez la courbe de FC : une longue première partie posée autour de 132, puis une nette marche vers le haut au demi-tour, la seconde moitié tenue à 148-150. Maintenant regardez la courbe d’allure juste au-dessus — elle, elle ne bouge presque pas. Pour faire grimper le cœur de dix-sept battements, je n’ai accéléré que d’environ neuf secondes au kilomètre. Autrement dit : l’essentiel de la montée cardiaque ne vient pas d’un effort en plus.

La rivière au petit matin, lisse comme un miroir, un pont routier qui la traverse au loin et se reflète dans l’eau.

Le demi-tour, justement, c’était par là — l’eau encore parfaitement lisse au retour, la lumière déjà bien montée. C’est sur cette seconde moitié que la FC est allée chercher ses battements.

Ensuite, d’où vient-elle alors. À allure GAP identique — autour de 6:30/km — la FC passe de 131 en début de sortie à 150 en fin : dix-neuf battements pour exactement la même vitesse. C’est la dérive cardiaque, et elle est franche. Trois causes empilées, aucune mystérieuse : cinq heures de sommeil, une température qui grimpe de 20 à 24 °C sur la deuxième heure, et une semaine déjà bien chargée. Ce n’est pas un signal de forme en baisse — c’est la facture d’une sortie de deux heures et demie courue sur une récup incomplète. À recomparer sur une longue au frais et bien dormi pour isoler ce qui, là-dedans, est vraiment de la durabilité.

Le reste est propre : la barre de zones le dit d’un coup d’œil, 100 % en aérobie (41 % en récup, 57 % en endurance), pas un pied dans le rouge. Et la cadence, elle, a fini plus haut qu’elle n’a commencé — de 168 pas/minute au départ à 177-181 dans la portion rapide. Bon signe : le geste ne s’est pas dégradé avec la fatigue, il s’est resserré.

Bonus au passage : comme c’est ma plus longue sortie à ce jour, Strava m’a décerné quatre records personnels d’un coup — 15 km en 1:40:14, 10 miles en 1:47:47, 20 km en 2:17:12 et semi-marathon en 2:25:45. À relativiser honnêtement : sur une distance que je n’avais jamais courue, le premier chrono est forcément le meilleur. Ce sont des premières plus que des performances. Ça fait quand même plaisir à cocher.

Petite note habituelle : la trace est volontairement tronquée de quelques centaines de mètres au départ et à l’arrivée. Les statistiques, elles, portent sur la totalité de la sortie.