Vingt-et-un kilomètres et des poussières, 2 h 29, partis à 6 h. La plus longue du bloc jusqu’ici, courue non pas à l’allure mais au cap cardiaque : rester dans le bas du spectre, laisser le volume s’accumuler sans jamais forcer. Nuit courte derrière moi — cinq heures à peine — alors j’ai joué la sortie en deux temps : une première heure vraiment tranquille, puis, au demi-tour, une remontée vers la cible 148-150.

Partir à cette heure-là, c’est aussi ça : le Ventoux qui sort de la nuit dans un ciel rose, avant que la chaleur ne s’installe. Elle s’installera quand même — mais plus tard.
temps en zones FC · Coros
Récup 41 % · Aérobic End. 57 %
Détail des 3 kilomètres
| km | temps | allure | FC | D+ |
|---|---|---|---|---|
| 1 (0,73 km) | 5:00 | 6:49 | 113 | 0 m |
| 2 | 143:36 | 6:50 | 141 | 54 m |
| 3 (0,04 km) | 0:23 | – | 148 | 0 m |
Deux choses se lisent mieux ici que dans mes jambes ce matin.
D’abord, la marche en deux temps. Regardez la courbe de FC : une longue première partie posée autour de 132, puis une nette marche vers le haut au demi-tour, la seconde moitié tenue à 148-150. Maintenant regardez la courbe d’allure juste au-dessus — elle, elle ne bouge presque pas. Pour faire grimper le cœur de dix-sept battements, je n’ai accéléré que d’environ neuf secondes au kilomètre. Autrement dit : l’essentiel de la montée cardiaque ne vient pas d’un effort en plus.

Le demi-tour, justement, c’était par là — l’eau encore parfaitement lisse au retour, la lumière déjà bien montée. C’est sur cette seconde moitié que la FC est allée chercher ses battements.
Ensuite, d’où vient-elle alors. À allure GAP identique — autour de 6:30/km — la FC passe de 131 en début de sortie à 150 en fin : dix-neuf battements pour exactement la même vitesse. C’est la dérive cardiaque, et elle est franche. Trois causes empilées, aucune mystérieuse : cinq heures de sommeil, une température qui grimpe de 20 à 24 °C sur la deuxième heure, et une semaine déjà bien chargée. Ce n’est pas un signal de forme en baisse — c’est la facture d’une sortie de deux heures et demie courue sur une récup incomplète. À recomparer sur une longue au frais et bien dormi pour isoler ce qui, là-dedans, est vraiment de la durabilité.
Le reste est propre : la barre de zones le dit d’un coup d’œil, 100 % en aérobie (41 % en récup, 57 % en endurance), pas un pied dans le rouge. Et la cadence, elle, a fini plus haut qu’elle n’a commencé — de 168 pas/minute au départ à 177-181 dans la portion rapide. Bon signe : le geste ne s’est pas dégradé avec la fatigue, il s’est resserré.
Bonus au passage : comme c’est ma plus longue sortie à ce jour, Strava m’a décerné quatre records personnels d’un coup — 15 km en 1:40:14, 10 miles en 1:47:47, 20 km en 2:17:12 et semi-marathon en 2:25:45. À relativiser honnêtement : sur une distance que je n’avais jamais courue, le premier chrono est forcément le meilleur. Ce sont des premières plus que des performances. Ça fait quand même plaisir à cocher.
Petite note habituelle : la trace est volontairement tronquée de quelques centaines de mètres au départ et à l’arrivée. Les statistiques, elles, portent sur la totalité de la sortie.
